Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Voilà-Moi!  #Mboamusic

Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap

8 Septembre 2016 , Rédigé par Atome Publié dans #Chroniques

Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap

Avant propos : Les morceaux cités dans cette partie de la chronique ne representent pas la totalité  de ce qu'il y'a eu comme production  dans le Rap Camerounais. Il s'agit d'un aperçu mais appuyé sur l'essentiel. Un développement historique est nécéssaire pour apprécier l'allure et le comportement du Rap ces dernieres années.

2014

A la fin de l’année 2014. « cultureebene » fait un classement des 11 indomptables de la musique urbaine Camerounaise dans lequel figurent quatre rappeurs.  Stanley en 2e position, Jovi en 3e , Maalhox en 5e et Dareal en 9e . L’audience du Rap a grandement évolué cette année là. Le hit « Hein père »  avait été déclassé nationalement par « Pala pala »de Mani  Bella. Suivi de X-Maleya qui proposa l’album « Révolution ».

Cette année sera une année de continuité des projets entamés en fin de l’année  2013. En Rap proprement dit c’est Jovi qui prit de l’avance, le cilp de  "Bastard" sortait le 11 janvier, son Ep  « Kankwé  vol 1 » sortait en avril et  vers la fin d’année ses singles " Cash " et  "Et p8 koi " La cote de Stanley avait baissée, à du fait qu’on le trouvait plus tape à l’œil que créatif artistiquement, ses singles « Tumbuboss deluxe » et " Njama Njama  cow" sentaient du réchauffé de « Hein père ».  Le remix de" Njama Njama  cow" avec le Rappeur  Ghanéen Sarkody lui permit néanmoins de se positionner sur le continent.

Maalhox, cette année sortait des singles comme des pains faisant des buzz saisonniers et lui permettant de rester en actualité. 

Dareal montait cette année là, proposant un style rap lourd  avec ses singles Francoise Foning, Ova ndjoka  mais ne s’était toujours pas positionné en mainstream. Son écho résonnant plus sur internet que dans le pays.

C-prime fit un bout de chemin avec son titre « Tongo »

New bell music sera le label le plus productif de l’année ayant comme rappeurs Sadrack et Tilla en plus de Jovi qui était très atif.

Teddy Doherty et Inna money lâchaient l’audio de "Bomayé" dont le clip viendra en 2015.

Le titre "Phacochère " d’Ivee fut l’un des meilleurs sons hip hop de l’année , malheureusement peu promu.

Du coté de Douala l’année fut moins dormante ;

Killamel effectua  un retour tout d’abord avec son freestyle  « Drunk in kov », par la suite "Mini-mini", " Déranger "et " Déranger _rémix"  avec Dareal , Teddy et Inna. 

Pol’Ainry prit le dehors avec « Tu dors ta vie dors », l’un des best hits rap de l’année

 Mink’s  fut la revelation  de l’année avec son morceau « Panthères » qui allait bientôt se classer parmi les meilleurs hits de l’année 

 Franko sortait son premier album, mais le titre qu’on retiendra sera « les filles d’aujourd’hui ».

En dehors tous ceux que je viens de citer, bon nombre de rappeurs sortaient cette année sur le web, mais avec moins de visibilité. Cela a participé à une certaine dynamique et la création d’un contenu. 

Si le rap Camerounais n’a pas fait de gros buzz comme en 2013, il y’avait quand même un certaine dynamique et une variété de morceaux qui se consommaient. Le duel du meilleur rappeur Camerounais qui  opposait Jovi et Stanley prenait sens et allait tourner en beef. Leur manque de collaboration en tant que Mainstream impactera plus ou moins sur l’évolution du Rap en 2014. La playlist du Rap local avait grandie, parsemée  à 100% de singles, car la nouvelle dynamique ne permettait pas la prise de risque de sortir un album. Bien qu’on ne puisse pas encore cataloguer un style phare au Rap kamer, les contenus montraient que le rap a déjà   son code  et le style en vogue c’est le Trap. Ce qui l’homogénéise avec la tendance du Rap à l’échelle mondiale. Les thèmes sont de plus en plus fun.  Coté plume c’est une écriture permissive et parfois légère. On assiste plus à la primeur de la forme. Le rapprochement en termes d’écoutes auprès du public a pourtant évolué. Et si la musique est peu différente de ce qu’on écoute ailleurs, on peut déjà identifier un rap Camerounais, par le flow, le ton  et la langue de l’artiste. Les plus gros records battus par Jovi qui est le plus productif de l’année.

Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap

2015

Le rap devient plus  populaire au pays, on constate qu’il devient à un moment stagnant et peu exportable. Jovi et Stanley seront  les seuls qui porteront ses voix à l’extérieur. Leurs albums sont annoncés en 2015. Celui de Jovi  « Mboko God » est sorti en premier au mois d’avril et celui de Stanley au mois de juillet. Ces albums qui étaient porteurs d’espoir pour le Rap local n’impacteront pas à la hauteur de l’attente, notamment celui de Jovi qui est tombé dans les oubliettes juste après quelques mois. Stanley par contre a étalé le sien sur la durée faisant  sortir progressivement des extraits. Problèmes de distribution et d’accès généralisés, on ne saurait réellement dire quels ont été les ventes. Jovi reste au top avec " Et p8 koi", et "big vulture"  jusqu’en  juillet. Mink’s qui a pris de la cote avec "Panthères ", suivi de " Sponsor " est le rappeur le plus présent sur les scènes, Teddy et inna tournent grâce à Bomayé et sortent leur album « Pyromanes » (Non accessible malheurement) , Maalhox continue dans sa logique rebondissant avec " Fouillez fouillez" inspiré du contexte de guerre avec Boko Haram. Dareal sort son Ep « 1 fois 2 plus ». La Mboa tape vol 3 sort avec des découvertes Rap comme Cool Kids. Nernos "Je ne suis pas moi bobo" est le son qui monte peu à peu.

Le game semble avoir besoin d’un nouveau souffle  lorsque de façon très inopiné Franko arrive avec " Coller la petite " , le buzz qui allait déclasser toute la musique africaine. Alors que lui-même ne s’attendait pas,  Franko qui avait misé sur " Coco " et "Pardon la puce "   fera le plus gros succès du Rap Camerounais.  Celui qui s’accrocha et lui suivi direct c’est Maalhox avec « ça sort comme ça sort », les deux morceaux prendront une ampleur étonnante et voilà que le Rap Camerounais allait subir un nouveau, un très grand changement.

  • Tout d’abord à la différence de la période Stanley-Jovi, on constate avec la dualité Franko-Maalhox que les musiques  présentent de nombreuses similitudes de la musique au discours. Ce sera un facteur essentiel qui permettra de cataloguer le Rap Camerounais.
  • Les morceaux pouvaient se succéder  facilement dans les playlist.
  • Ils n’ont pas mis de concurrence entre eux afin de savoir qui est le king ou non
  • Les morceaux touchaient plus de public grâce à leur cadence Afro beat dance.
  • C’est une direction à risque car si les personnes qui s’y aventurent ne sont pas aussi talenteux que Franko ou Maalhox, le résultat sera léger et fait un flop.

 

Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap
Chronique : Le Rap Camerounais depuis Hein père_Part 3_L'évolution du Rap

 

Conclusion

On a là une évolution en dents de scies, généralement non anticipé. On ne saurait vraiment attribuer un groove musical préconisé dans les productions de Rap Camerounais. C’est comme un laboratoire d’expérimentation ou chaque rappeur   essaie et propose. Lorsque cela marche ceux qui suivent malheureusement ne laissent pas le même impact. Le Rap Camerounais est à l’image du pays « L’Afrique en miniature ». Son identité repose particulièrement sur la langue et sur le. Nous avons depuis 2013 trois vagues d’influence discours qui n’ont été bénéfiques qu’aux précurseurs « Stanley-Jovi-Maalhox » . Cela montre que son Etat est encore en développement, il y’a forcément besoin de plus de propositions.

  • Pourquoi depuis  « Hein père » ?

 Le statut du Rap au Cameroun a évolué, mais il vaut mieux le dire cela se fait depuis « Hein père ». Le digital devenu la sphère phare de promotion (A chaque lancement). L’époque Coller la petite malgré les 30 millions de vues de Franko n’a pas été aussi symboliquement génératrice de bouleversement. C’était plus un renforcement de la crédibilité du Rap local. Stanley eut le premier gros succès, ce qui a forcement préparé l’attente et l’arrivée des autres. C’est à partir de son morceau que le rap chaque année produit un tube qui se positionne au sommet des charts. L’accaparation du marché tout comme la capitalisation et la volonté d’investir dans le Rap Kamer sont partis de là. Lorsqu’on  observe le public qui l’écoute aujourd’hui, il ressort clairement que le rap s’est décommunautarisé et surtout démocratisé. La musique Camerounaise à l’heure actuelle est sujette à un buzz Rap qui la domine chaque année. C’est une belle aubaine pour les rappeurs, il devient donc impératif de proposer des produits de meilleure qualité et à la dimension d’un défi musical réel et non d’un buzz, car tout le monde peut pas buzzer en même temps. Sur l’échelle continentale, malgré cet état des choses, le rap kamer est encore loin du challenge. S’il tient le titre en zone francophone, c’est loin  d’être le cas face aux  mainstream des pays tels que le Ghana, l’Afrique du sud, le Kenia ou le Nigéria pour ne citer que ceux là.

Il y’a par contre une brèche d’ouverture assez prononcée vers le Rap français, surtout avec la vogue actuelle de l’Afro trap. Toutefois, le bilinguisme nous donne un énorme avantage  culturel car nous pouvons viser les deux marchés.

Pour cela, le rap va-t-il toujours s’appuyer sur  du tâtonnement ou sur des buzz ? Il faut une réelle industrie. Un  Game digne du nom

Partager cet article

Commenter cet article