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Voilà-Moi!  #Mboamusic

Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?

30 Juin 2016 , Rédigé par Atome Publié dans #Analyse, #Clins d'oeil

Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?

"Y'a mm koa là-bas?"

C’est ce qu’on appelle du « Reprensent ». On ne va plus dans un snack sans écouter ce morceau dans une playlist Rap kamer. Metushelah a bien su attirer l’attention  et on peut dire qu’il a les arguments qu’il faut. La fierté et l’étalon d’un certain nombre de valeurs interpellatrices font que chaque Camerounais s’y retrouve.

Petite histoire sur Metushelah et son titre

C’est en 2013 à travers la compétition Hip-hop talent search qu’il s’est fait découvrir à Douala avec son titre « Bouge ton Q ». En fait Metushelah était un rappeur vraiment controversé avec un style et un flow voisins de ceux de Rick  ross et Booba. Il venait de Limbé rappait autrefois en  Anglais.  Il faisait des choses ce mec, il a même sorti un concept qui s’appelait « Bangala » et des singles qui n’ont jamais vraiment décollés. C’est vers la fin de 2015 qu’il entre en studio avec Rol’k et DEA pour enregistrer la première version de « Y’a mm koa là-bas? ». Le morceau a connu son expansion grâce au fait qu’ils aient mis la chanson sur Youtube en le titrant  «Franko feat Davido_Coller la petite (Rémix ) ». Cette version a enregistré plus de 150 .000  écoutes via Youtube, ce qui a laissé au morceau le temps de se propager. Surpris à la sortie de sa vidéo officielle, Metushelah ramène une version différente dans laquelle seule sa voix figure, des couplets  jusqu’au refrain. Les gars ont eu des pbs, j’en dis pas plus...

Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?
Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?
Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?

La comparaison du Cameroun à Mbeng (Chez les blancs)

Les figures de comparaison sont assez subtiles, de nombreux clichés interviennent, autant en culture, en  sport,  en société  qu’en  histoire-géographie, il a fait le tour.  Voici quelques qui retiennent mon attention.

 « Ne viens pas me jouer le rock ici, moi je veux le Makossa »

« On s’en fout de la maison blanche, nous on a le palais d’Etoudi »

« Tu me parle de Bethoveen , moi j’écoutes la musique de Douleur »

«Tu me parles de la tour Eiffel ,j’ai mon Juju au Rond-point Deido »

« Laisses moi tes ways d’illuminati, nous on a Ezaboto »

« Tu parles de Kim Kardashian, aka moi je veux Nathalie Koah »

« Laissez moi Messi, pour moi le vrai pichichi sera toujours Samuel Eto’o »

« Moi je connais pas Maradona, je connais moi Roger Milla »

Les valeurs et le message

Le langage est vraiment un melting pot. On y retrouve du Cam franglais et de nombreux petits mots de chez nous. Metushelah s’indigne à travers la dénonciation de  l’exploitation des occicentaux sur les Africains et surtout du manque de fierté que les Africains ont généralement.  « Quand c’est bon c’est eux, quand c’est mauvais, ils disent que c’est nous », « Vous prenez leur nom, vous mettez ça ici, il y’a l’avenue Onana là-bas ? »

Il présente ici une sorte d’auto suffisance et de Camerouno-centrisme, mais qui valent bien d’avoir lieu. Il met en avant des icones et figures historiques que notre pays a connues. Cela semble dire que nous devons apprendre à s’accepter et  valoriser ce qui nous entoure.

Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?
Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?
Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?
Quoi ? Que j’aille à Mbeng ? Il y’a même quoi là-bas ?

Quelques limites

Il faut avouer que c’est un véritable sport intellectuel et lyrical de faire un tel titre. On y retrouve quand même quelques incohérences dans quelques phrases car les comparaisons ne semblent pas tenir.

« Ne viens pas m’embrouiller avec Rihanna, moi je rêve de Grace Décca », mauvaise comparaison, il y’a pas vraiment d’opposition entre ces deux 

« Qu’est ce que tu me parle d’Adolph hilter, moi je connais UM Nyobe »,  c’est une comparaison entre un tirant et un héros national, ça tient pas vraiment la route.

Sinon, c’est une performance à féliciter. Metushelah est venu arracher la place à Nernos qui avait encore le vent en poupe dernièrement. C’est bien la diversité dans la productivité rend le mouvement de plus en plus dynamique. Il vient de signer un contrat de production avec le label KS Empire qui s’occupe du management à Stypac Samo à Paris. Waitons la suite…

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