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Voilà-Moi!  #Mboamusic

En mode "je ne suis pas moi bobo" #Sokcellerie

18 Avril 2016 , Rédigé par Atome Publié dans #Analyse

En mode "je ne suis pas moi bobo" #Sokcellerie

Avant-propos et Méa Culpa 

Que ce soient les wa-man, les jongleurs ou les bobos, je ne know personne qui ne ya pas mo ce titre de Nernos qui est devenu depuis un certain moment un buzz au Cameroun. Chacun a au moins une phrase qui l’accroche dans ce morceau qui, à vrai dire contient beaucoup d’humour mais surtout traite d’un grand nombre de réalités et de représentations liées à notre quotidien.

Je me suis directement identifié au son quand je l’ai écouté la première fois il y’a environ 05 mois parce qu’en fait "Je ne suis pas moi bobo". Je me retrouve en effet dans chaque prose de ce texte et je dirai que pour un « Enfant de Mambanda » comme moi, c’est la triste réalité, mais loin d’être une fatalité. Je crois avant tout que dans Nernos exprime ici sa rage, son complexe et pose le problème de l’égalité des chances en société. Chose qui malheureusement se trouve sous tous les cieux au-delà du Cameroun, il y’a toujours des pauvres et des riches.

J’aime rappeler aux gens que le vrai Cameroun, ceux sont nos kwatts, aménagés sur du macadam, non tracés, construits anarchiquement et parfois en matériaux précaires. Ces lieux où l’on vit parfois en dessous du SMIG Camerounais (36270 FCFA) , dans l’inconfort et la débrouillardise. Le mode de vie est différent entre Nkomondo et Bonapriso qui ne sont séparés que par une seule route (à croire que c’est cela l’écart entre la richesse et la pauvreté). "Sortir « kolo » pour charwarma, c’est que dans la tête ça va pas ". Hum!!! ça fait rire n’est ce pas ? Mais si tu vivais là où 1000 frs fait le riz sauté pour toute une famille tu comprendrai. Même si aujourd’hui on sort de nos élobi et qu’on se retrouve quelque fois dans des milieux plus chics, on ne peut ignorer , ni se séparer de cette existence à laquelle appartient notre vécu. J’avais parfois du mal à réaliser que je me retrouve à Santa lucia, super U, ou dans un cadre vip  et que dans quelques heures... je serai dans ma chambre en carabotes avec tous les déboires que cela implique.

En mode "je ne suis pas moi bobo" #Sokcellerie

J'ai vécu à Bilongué et je peux vous dire que Nernos parle en effet de choses réelles qu’il a forcément dû expérimenter durant son vécu. Tacleurs, bacheurs, buy and selam, les puits d’eau, le pain raçi, le topsi banana, le tapioca, les inondations, et bien d’autres sont des trucs que nous vivons de façon récurrente dans nos bidonvilles. Mais c’est la vie, on fait avec et on se bat pour s’ensortir, même si quand on quitte le kwatt, il y’a encore nombreux qui y restent. Quant à opposer tout ça avec la vie des bobos, je pense que ce fut un bon choix, du point de vue culturel, c’est une peinture sociologique de notre environnement. J’avoue quand même que la rage de réussir fait qu’aujourd’hui qu' on ne sache même plus qui est bobo? et qui ne l’est pas ? parce que personne ne veut rester le dernier. Toujours est t’il qu’il y’a des choses qui restent un luxe.

Je résumerai la pensée de ce dernier en disant juste que : Quand tu as vraiment vécu un certain niveau de « Ngueme », il y’a des luxes qu’avant de t’offrir, tu réfléchis au moins par 10.

De la vogue vers un buzz!!!

Venons en maintenant à l’artiste et son produit. C’est claire qu’il y’a de l’impact et c’est une chose rare avec un premier single au Cameroun. « Je suis pas moi bobo » a fait un bon bout avant de propager comme on l’observe actuellement. Sous la poussée de ses proches, des fans de hiphop kamer, avec le levier de certains animateurs radio notamment Brice Albin, la mayonaise a fini par tcha . Le mec a fait de nombreuses scènes depuis la sortie de la version audio et a conquis petit à petit le dehors au point où on attendait son clip depuis des mois ; certains en perdaient même espoir. Le vent en poupe a surtout été occasionné par une stratégie très subtile utilisée par l’équipe de l’artiste : Après l’annonce d’un rémix de coller la petite par Davido qui a créé l’attente, Nernos a mis son titre sur youtube avec pour intitulé « Franko feat Davido_Coller la petite (rémix) et lorsqu’on cliquait sur ce lien, ce qu’on entendait direct c’était « Sokcellerie ». Mais, il faut quand préciser que c’est parce que le morceau en lui-même était d’abord accrocheur qu’il a pu jouir de cette expansion.

Pendant qu’on attendait le clip, on pouvait constater que le titre était déjà dehors et faisait kiffer même les petits. Je connais flop de bobos qui ont fait passer le son à leur entourage et donnant des avis positifs. Que ce soit le beat, le flow, les paroles, chacun avait un truc positif à dire sur le son. Le clip sorti le 30 mars dernier a pu comptabiliser près de 5000 vues les 24 premieres heures et les relais autour laissent croire que c’est prometteur. J’ai d’ailleurs vu toute une dynamique et un soutien fort autour du produit , des shares venant de Magasco, Maalhox, Ambé et bon nombre d’artistes 237.

En mode "je ne suis pas moi bobo" #Sokcellerie

Il revient quand même à féliciter Nernos, car à vrai dire, il n'est pas évident de se faire un nom avec le Rap à partir de Douala, surtout sans moyens .Tandis qu’il se produit sous son propre label BEX Music, ce dernier est en partenariat avec Arobiz Corporation qui s’occupe de son management et de son image. Il faut dire que jusqu’ici le travail n’est pas mal, mais reste encore à positionner l’artiste sur les réseaux sociaux et les plateformes web dédiées à la musique pour une bonne visibilité. Le clip quand à lui n’a pas fait l’unanimité chez le public, d’aucuns le trouvent trop simple et d’autres chic ; surement parce que le son les a déjà conquis. Quant à moi je dirai que Régis Talla (réalisateur du Clip) s’est battu mais beaucoup de ratés, le manager de Nernos m’a expliqué qu’ils ont du faire face à de nombreux déboires durant le tournage entre Douala et Yaoundé. Au moins, ce clip a permis au produit de toucher les médias TV. Le clip pourrait bien se retrouver d’ici peu sur Trace Urban dans le Top 10 du hip hop Africa, espérons…

En mode "je ne suis pas moi bobo" #Sokcellerie

L'identité: l'atout fort de NERNOS

Je pense que ce qui rend particulier ce jeune artiste, c’est son originalité, je m’explique :

-Son AKA : « le Kamsi », ce côté bamiléké qu’il met en avant le singularise et définit bien sa personnalité, un Kamsi, c’est homme avec des pouvoir surnaturels du village à l’ouest Cameroun.

- Son image : Toujours habillé d’un style Africain en haut et d’une basket en bas, comme quoi sémi-rappeur, semi traditionnaliste

- Sa corne et ses bijoux : Cette corne que tiennent uniquement les grands dignitaires à l’ouest Cameroun est un grand symbole de respect. Ses colliers et bracelets sont typiquement Africains et faits avec des cauris. Il projette ainsi une image forte de lui.

-Sa signature : Elle complète l’ensemble cité si haut, un bon bami qui croit en la #Sokcellerie. Ce qui est encore plus intéressant c’est qu’il le prononce un bon pater bami.

-Son écriture : c’est un de ces rappeurs qui a compris comment exploiter sa réalité et la mettre en musique, Camfranglais, pipo et topos de chez nous, soupçons d’humour, inspiration traditionnelle, il a su chercher.

-Son statut : c’est un gars des kwatts qui écrit vrai et qui dit ce qu’il vit.

Les défis qui l’attendent

On a tellement attendu et le clip et il est là, mais la suite ne sera pas de répit pour Bex music et Arobiz, Son manager m’a confié qu’il prépare un EP pour cette année de nombreux défis les attendent, j’en citerai trois majeurs :

  1. Faire de Nernos un artiste confirmé du milieu Rap en 2016 au Cameroun
  2. Réussir à conquérir la sous-région francophone avec « je suis pas moi bobo »
  3. Organiser un bon marketing digital autour de l’artiste
  4. Éviter de se montrer hautain à cause du buzz, c’est très important
  5. Produire un autre single d’ici les vacances prochaines

 

Pourquoi pas un rémix ?

"Je suis pas moi bobo" est déjà dans le top 10 de la mboa music à l’heure actuelle et fait converger les appréciations positives. Même les plus petits chantent le morceau dans les quartiers, c’est bonne chose. A mon avis le morceau peut encore faire long chemin si Nernos ne fait pas l’erreur de ses prédécesseurs. Je pense qu’avant son prochain single, un rémix avec quelques rappeurs et chanteurs Kamer serait une bonne idée.

Mon casting proposé : Dareal, Franko, Maalhox, Teddy doherty, cool kid, Locko & Ambé.

Clin d'oeil : 

Parlant de rémix, je ne sais pas si vous avez déjà écouté la réplique faite à Nernos par le groupe All in one ( Dea the busker et Stéfano le renard) le titre c'est " Bobo", genre les bobos ont aussi à dire. Vous pouvez l'écouter via ce lien 

Nernos est t’il le prochain ?

Difficile de garantir cela. Le titre pourrait devenir un buzz social au-delà de l’engouement actuel. Il va évidemment falloir du travail en arrière car les buzz sont parfois spontanés. On a deux choix en général : Soit se produire et faire un hit, soit profiter d’un buzz, mais l’idéal serait d’associer les deux. Je dirai bonne chance Nernos, on attend la suite, surtout cultive toi et sois humble. J’ai écouté Nernos dire dans un Freestyle sur le site www.jetyamo.com qu’il aura le prochain Canal 2’or. C'est optimiste,  mais il va falloir se maintenir jusqu’en 2017 parce que la concurrence est rude. Il y’a de plus en plus de hits urban au bled, surtout dans le Rap, en tout il sera au moins nominé c’est sûr. 

 

 

Je suis Atome, Enfant d'Africa. #Voilàmoi!

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Elodie 26/04/2016 12:21

J'ai un peu eu du mal avec ce song. Même si j'ai bien aimé le texte (surtout), j'ai trouvé le beat bien pauvre pour en faire un véritable buzz. Cette chanson ne mettra pas long feu. Autour de moi déjà, je n'en entends plus parler. C'est un song très bon à réciter, mais pas sur lequel s'enflammer... Mon avis... Elodie

atome 02/05/2016 12:28

C'est vrai que c'est un titre qui ne fera pas long feu, c'est plus un effet buzz qu'une musique à garder sur le temps. Mais je mettais en effet le côté thématique et délirant que ce titre aborde.