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Voilà-Moi!  #Mboamusic

La discothèque de papa : banque des futurs succès de la Mboa music

15 Mars 2016 , Rédigé par Atome Publié dans #Chroniques

La discothèque de papa : banque des futurs succès de  la Mboa music

C'est avec fierté que je produis cet article car la vision que j'ai eu de la "Mboa music"  il y’a des années se dessine peu à peu de façon plus claire. En commençant le Rap en 2008, je me suis confronté à une problématique , celle de comment faire un Rap Camerounais, comestible et surtout musicalement remarquable ?  Nous avons tellement été influencés par les musique occidentales, notamment les rappeurs à tel point qu’on rejetait nos racines et faisions des musiques qui ne collaient pas au contexte. Pour moi c’était honteux même s’il y’en avait quelques sortant du lot et parfois ne faisant pas le poids côté commercial. Dieu merci les choses ont changé et les jeunes artistes urbains comprennent aujourd’hui qu’il ne sert à rien d’être le sosie mal fait de la star occidentale ; dans le rap comme dans la chanson, les discours, les techniques, les styles ont changé au point où aujourd’hui on peut écouter un son Camerounais et le remarquer en plus d’en être épaté même si beaucoup reste encore à faire. 

La conscience identitaire

Depuis l’avènement de la conscience musicale nigériane, des reformes mutantes des années 2010  avec les tendances urbaines telles que le naija, l’azonto , l’Afro pop su s’imposer dans le monde et le Cameroun n’a pas été à la traîne. Mais, jusqu’en 2013 pour moi une autre problématique se posait :  celle de l’identité plus Camerounaise que simplement Africaine. C’est ainsi que j’allais explorer nos anciens répertoires cherchant à savoir comment faire des musiques qui pourraient contenir  leur musicalité  et références dans celles d’aujourd’hui sous une forme moderne ?

Je me suis rappelé à quel point la discothèque de Papa du Cameroun était riche, je parcourais les chansons de mon enfance qui jusqu’à aujourd’hui me produisent toujours un effet nostalgique et sont pour chacun de mes congénères des symboles ancrés à jamais. Je comprenais donc qu’on pouvait les exploiter et je voyais autour de moi que certains comprenaient quand même les enjeux et le faisaient, c’est ce qui donna le succès au groupe X-maleya qui est un très grand exemple à travers sa musique, ses reprises d’anciens succès.

La discothèque de papa : banque des futurs succès de  la Mboa music

Le bendskin et bikutsi : l'avenir du Rap Kamer.

Le Rap par contre a eu et a toujours du mal à appliquer l'identité musicale, je me souviens de cette expérience fière que j’ai eu à faire entre la musique Trap et le bendskin, musique que j’aime à travers le personnage d’André Marie Talla qui pour moi, est l’un des meilleurs de tous les temps :

#Experience

J’ai pris une musique Trap et essayé en  beat-boxant d’introduire dans le rythme des percussions bendskin, ce qui entrait facilement et aisément dans les temps , vous pouvez essayer. Par la suite, je constatais que le flow trap communément appélé flow « versace » entrait aisément sur le Bendskin avec ses techniques, je constatais même que je pouvais donner à ma trap un ton bamiléké et une singularité dans mes terminaisons. J’avais là la clé de ma musique et même Kanye west ne m’impressionnait plus. Peu à peu, j’arrivais à la volonté de vouloir créer un Rap Camerounais autant musicalement que lyricalement. J'ai eu à le dire autour de moi, à mes potes : "le bendskin et le bikutsi sont l’avenir du Rap kamer", mais j’étais incompris et combattu malgré les preuves en musique que j’offrais. Toutefois, jusqu’à aujourd’hui, celà reste ma position mais j’ai plus d’arguments qu’autrefois c’est sûr.

Pour moi, André Marie talla est le précurseur du Néo-rap Kamer, ses travaux donneront à celui -ci un nouveau visage, plus qualifié et plus imposant musicalement.

J’ai été heureux de voir Jovi en 2011, nous amener Don for Kwatt, de voir Stanley en 2013  avec du Camfranglais et du pidgin, Michael kiessou dans « Ben’am », plu tard Ambé dans « rendez vous » , sadrack avec ses titres « les gars de Yaoundé »  et « les zanimal’s », Jovi dans « Cash » , les featurist dans « Babah » Franko avec Coller la petite,  et tous ces mutations progressives jouant en la faveur de la cause que je soutenais, celle d’une musique identitaire. Une musique qui ressemble au Cameroun et se singularise dans le panorama actuel.

 

 

La discothèque de papa : banque des futurs succès de  la Mboa music

Au lieu de reproduire les autres, valorisons notre héritage…

S’il y’a par contre des faits indéniables relatifs à l'art musical en Afrique  qu’on peut enumerer de nos jours  , ce sont les suivants :

-Les jeunes générations ne connaissent pas les anciennes musiques, autant en titres qu'en sonorités,

-Les anciens succès manquent de circulations et sont oubliés,

- les plus âgés sont moins intéressés par la musique de nos jours,

- les nouveaux artistes sont plus faibles que les anciens cela à cause du fait que les conditions liées à la création ne sont pas autant rigoureuses qu’à l'époque,

- La mondialisation s’impose et les habitudes de consommation changent; donc les musiques contemporaines ne peuvent pas être comme celles d’hier,

-Les musiques jeunes sont très éphémères avec une durée de vie de 06 mois en moyenne,

- Les jeunes artistes sont toujours tentés d’imiter et de suivre la tendance occidentale qui les influence.

-Les occidentaux et Américains s’inspirent de plus en plus des musiques Africaines.

Ces problèmes posés trouvent solution dans la conscience identitaire et l'acceptation racinienne par les artistes d’aujourd’hui. Le Cameroun a connu de grands succès à travers la musique qui, aujourd’hui tendent à disparaitre faute de conservation. Ces musiques étaient bonnes et respectées, pourquoi ne pas les reprendre dans les formes modernes ? Aussi vrai que certains artistes contemporains empruntent des expressions d’anciens succès, nous devons aujourd’hui penser : au sampling, à la re-masterisation , à  la re-création et à la re-valorisation de ces morceaux qui nous ont bercé et bercé nos parents. Cela bien sûr passera par un bon travail de base; un autre avantage aussi , c’est que le Beat-making actuellement a beaucoup évolué, toujours est t’il qu’il faudra produire les morceaux en  formes comestibles et qualitielles. Certains des premiers  rappeurs tels que Krotal ou Boudor avaient opté pour cette voie mais le défi qu’ils n’ont pas réalisé est celui de faire du « commercial » ou du moins des « hits ». Des concepts tels que "L'école du micro en Bambou" avait été développé aux débuts des années 2000 par le groupe Négrissim, on retrouvait jusqu'en 2005 au Cameroun des morceaux de Rap composés avec des instruments comme le balafon, la sanza et d'autres instruments traditionnels.

La discothèque de papa : banque des futurs succès de  la Mboa music

Quelques exemples illustratifs dans cette génération 

Loin de l'idée de reprendre entièrement les chansons du passé en interprétation comme cela s'est très souvent fait au pays, la logique de re-création est de leur redonner en les intégrant organiquement sur une production moderne et pensée de façon autonome. Dans ce model l'artiste re-compose, trouve un thème, le traite , le pense, choisit son ambiance ou son registre et peut s'inspirer d'un ancien succès. Nous avons quelques exemples :

  • Daphné a recemment repris dans son album « here to stay » , le titre  " Famla" du groupe « Tim & foty » chanson des années 70,
  • Michael Kiessou  propose des morceaux magnifiques avec son style néo bendskin,
  • Salatiel a refait l’histoire de la musique Africaine en musique dans son titre afro beat  "ça se passeici" 

https://soundcloud.com/alphabetterrecords/salatiel-ca-se-passe-ici-produced-by-salatiel

  • Le beat de ANG «  Ancien combattant » a prouvé que le Rap peut être Hardcore et identitaire. Ce beat a été  conçu avec le sample du morceau de Commandant Zao, cette prod est d’ailleurs pour moi sa meilleure production 

https://soundcloud.com/ang-official/ancien-combattant

  • X-maleya est la representation modèle de cette logique avec les morceaux tels que " Toi et moi", "Mbemba Mota Sawapour ne citer que ceux là.

J’insisterai aussi sur le fait que les anciens succès ont cette capacité de susciter des émotions particulières, notamment la fierté , la nostalgie et une identification sensationnelle chez le public. Ce qui leur donne un avantage du point de vu markéting. Tout le monde a aimé le fait que Stanley parle de Jean michel Kankan dans "Hein père" ou que  Maalhox réssuscite Xavier Lagaf dans  "ça sort comme ça sort ". Nous avons en plus cet avantage d’être une terre multiculturelle, chacun de nous vient d’un coin du pays d’où est forcément sorti un rythme qui a marqué l’histoire de la musique Camerounaise et d’où est venu au moins  un ancien succès.

Il y’a tellement de bonnes mélodies à rappeler, d'héritages à partager, je ne dis pas cela de façon exclusive mais j’appelle les artistes à explorer ces pistes, car elles  ne tuent en rien la créativité, bien au contraire, elles lui apportent de la valeur ajoutée.

J’insite encore... je sais que le Rap Camerounais au-delà de ses lyrics et thèmes traités qui sont pour la plupart légers, va s’imposer sur le continent et dans le monde grâce à l’identité. Retraivaillons nos compositions et créons  un art avec des  marques singulières et des techniques et flows qui nous sont spécifiques. Ne faisons pas comme en politique où ce sont les autres qui viennent exploiter et tirer profit des richesses sur les quelles nous sommes assis. Shakira a connu un succès mondial au-delà des attentes grâce au morceau repris du groupe "Zangalewa"; Bebi philip  a recemment fait un succès par son  "Mamalôko" avec une reprise d'une musique du groupe Camerounais  « Les Têtes brulées » . .

Au lieu d'insister sur la voie du sosie inférieur, cherchons plutot, à puiser dans nos bibliothèques musicales. L’avenir nous tend  les bras et parle  avec la voix des anciens, à bon entendeur salut !

 

 

 

Je suis Atome, Enfant d'Africa. #Voilàmoi!

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yvpeg 13/05/2016 10:17

le secret de la musique camerounaise se trouve dans les vieilles marmites(pas trop aussi) et dans l'innovation,faut pas trop calquer sur le style occidental

atome 21/03/2016 13:50

Merci élodie

Crescence Elodie 16/03/2016 22:41

Ton analyse est très pertinente avec ce que tu donnes en exemple. Personnellement je préférerai que le message soit simplement d'étudier et d'utiliser beaucoup plus les rythmes de chez nous sinon à force de parler des anciens succès (qui restent les meilleurs succès) ou de regarder derrière, les artistes nous ressortiront du réchauffé.

Bel article,

Elodie

rexy 16/03/2016 11:21

Merci pour cet article, very nice, keep it up! on sent la flamme du 237 en toi, et notre musique en a vraiment besoin!

Atome 16/03/2016 12:24

vraiment merci, si Dieu veut j'en ferai plus